Lundi 24 mars 2008
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Papa, voilà déjà deux ans que tu t’en es allé.
Tu étais un homme de la « TERRE » avant tout et, très jeune,
tu as répondu à son appel. Dès ton enfance, elle t’a vu conduire les chevaux derrière la charrue (à en manquer les cours de l’école primaire) puis devenir saisonnier pour les moissons. C’était le
temps des faucheuses-lieuses et des batteuses.
Sitôt ton mariage avec maman, tu deviens métayer et travaille les
terres du comte de Maleissye-Melun dans notre village. A la suite du décès de mon arrière grand-père, tu reprends la ferme familiale de mes grands-parents maternels.
Là, grand travailleur, dès l’aube jusque tard dans la soirée, labours,
ensemencements, récoltes : tu n’as pas compté tes heures. Comme tu le disais si bien : « C’est le « temps » qui commande ; s’il pleut demain, ce sera trop
tard ; il faut faucher aujourd’hui ».
Avec l’avancé du mécanisme, tu as su manœuvrer grue,
moissonneuse-batteuse avec dextérité. Encore à l’âge de 75 ans, on te voyait sur ta moissonneuse ou labourer avec ton tracteur.
Te voilà en pleine force de l'âge au volant de ta moissonneuse.
Homme de caractère, tu te mettais facilement en colère (j’ai de qui
tenir). Homme costaud, une force de la nature. Ce n’est pas des mains que tu avais mais des « battoirs » (sans jamais avoir frappé quiconque d’ailleurs), des paluches énormes. Pas de
repos dans ta vie (les dimanches, tu ne connaissais pas). Si, un peu la pêche autour de ton étang mais surtout la chasse, ta passion favorite.
Là, avec Maman, lors de vos 50 ans de
mariage.
Petit à petit, retraite forcée à cause de l’arthrose dans tes genoux, accentuée par une longue maladie (celle des hommes pourrait-on dire). Refus de
continuer à marcher avec un déambulateur, alors, dans un dernier élan de courage, ta volonté d’être opéré d’une prothèse totale du genou. C’est là que ton destin s’est
achevé.
Le texte de Sonia, ta petite fille, (fille de mon frère à la tête de la
ferme actuellement), je le ferais mien pour te dire que, malgré des moments houleux entre nous, jamais je n’oublierai ton grand cœur et ta grande sensibilité.
Et, en ton souvenir, ce champ de blé accompagne du refrain de "la chanson des
blés d'or".
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